Pour ré-enchanter l'Europe du point de vue des migrations

Dernière mise à jour : 13 févr.



RL Les Neuf Frères – Orient de Grenoble


Introduction


Pour ré-enchanter l'Europe du point de vue des migrations il est avant tout nécessaire de mieux connaitre les divers types de migrations connus et à venir.


Les flux migratoires sont classés selon leurs mobiles. On distingue notamment :

- les migrations économiques (déplacement de travailleurs),

- les migrations contraintes (fuite de persécutions, famines résultant souvent de guerres, dictatures,

- et les migrations climatiques qui ont déjà commencé, et qui intéresseront de plu en plus vivement les années à venir.


Puisqu'il nous l'est demandé, nous n'évoquerons pas la migration interne à l'Europe, principalement de type économique.


L’immigration est l’action de venir dans un pays étranger pour s’y installer et travailler, le plus souvent définitivement ou au moins pour une longue durée.


Pour ce qui concerne la rapidité de la construction de l’Europe: Il est vrai que sur les 30 dernières années l’accélération de l’accueil de nouveaux membres au sein de la CEE fut très notable.


La géopolitique s’en mêle: la dislocation du groupe de l’Est (URSS), l’éclatement de la Yougoslavie, ont fait surgir de nouvelles nations. Certainement une peur de les voir rejoindre d’autres groupements de territoires ont accompagné cette accélération. De même l’entrée des pays du Nord ne pouvait être que global au vu des liens déjà existants entre eux.


En 2018, un total de 3,94 millions de personnes ont immigré dans l’un des 27 Etats membres de l’Union européenne, alors que 2,61 millions de personnes ont dans le même temps quitté l’un des pays de l’UE.


Des chiffres qui prennent en compte les migrations entre pays membres de l’UE : parmi ces 3,94 millions d’immigrés, 1,07 million proviennent d’un autre état membre et 2,87 millions de pays tiers.


Avec 893 886 entrées enregistrées en 2018, l’Allemagne reste le pays qui a accueilli le plus de personnes sur son sol, suivie par l’Espagne (643 684), la France (386 911), l’Italie (332 324) et la Pologne (214 083).


L’Allemagne est aussi le pays qui voit le plus grand nombre de personnes quitter son territoire : 540 415 personnes ont quitté l’Allemagne au cours de l’année 2018. Vient ensuite la France avec 341 421 sortants sur l’ensemble de sa population puis l’Espagne (309 526) et la Roumanie (231 661).


En 2018, sur les 27 Etats membres, la majorité compte néanmoins plus d’immigrés que d’émigrés. Ce n’est pas le cas de la Bulgarie, la Lettonie, la Croatie, la Lituanie et la Roumanie, pour lesquels on parle ainsi de solde migratoire négatif.


Ces dispersions au sein d'une même communauté européenne ne facilitent pas l'harmonie, ne serait-ce qu'au regard des écarts de salaires entre deux pays proches de cette même communauté, écarts pouvant aller du simple au double.



Problématique


Quels sont les facteurs des migrations externes à l'Europe vers l'Europe ? Pourquoi la Méditerranée devient-t-elle sur ses côtes, l'espoir de déprimés ? Quelle doit être l’action concrète de l'Europe pour ces ports d'accostage et pour ces déracinés ?


Vivre ensemble avec nos différences n'est certes pas toujours facile du fait de sociétés de plus en plus diversifiées et/ou de convictions spirituelles et culturelles très différentes.


On peut-être interpellé par les centaines de milliers de migrants du Sud vers le Nord qui seront probablement des centaines de millions dans les 25 à 30 années à venir.


Ces populations que l’on appelle pudiquement des réfugiés politiques ou économiques, sont en fait des migrants climatiques.


Que font pour eux les pays dits développés. Que fait l'Europe ? Que fait la Chine ? Que font les USA ?


Exploiter leurs richesses minières, forestières, « déforester » pour produire de l’huile de palme, du soja et détruire encore un peu plus la biodiversité, et aggraver encore plus le réchauffement climatique. Quelles aides, quels apports sont ils entrepris pour stabiliser les populations, pour leur permettre de vivre de leur richesse et du fruit de leur travail ?


Notre part d’humanité en nous doit-elle se résoudre à accepter ces cimetières maritimes, ces milliers de morts naufragés en Méditerranée et à l’ouest des côtes africaines. Ces hommes, femmes et enfants qui fuient la guerre, la pauvreté ?


Quel rôle est joué par FRONTEX ? Ne cautionne-t-il pas d’une certaine façon, sinon d’une façon certaine, ces noyades, tandis que les marins qui sauvent des naufragés sont considérés comme des délinquants.


La migration subie touche la plupart des personnes en situation « irrégulière ». Là encore pour considérer cette situation du point de vue de l’Europe, les règles d’accès et de régularisation pour chaque état membre sont fortement différentes, ce qui voue certains pays à subir une migration plus importante que d’autres.


Que fait l'Europe envers ses pays membres qui reçoivent tous les jours ces naufragés ? Elle donne quelques subsides, mais où est l'accueil partagé des 27 états ?



Propositions


Comment l'Europe peut elle engager de véritables mesures d'immigration ? Comment l'Europe peut elle accueillir, attirer et aussi retenir ces êtres humains qui ne manquent pas de talents ?

En traitant le problème à la source. Par des politiques intelligentes d'immigration. Une concertation et une harmonisation des besoins par pays européen.


L'immigration doit-être organisée, règlementée et accompagnée. Dans notre pays malheureusement axé sur des métiers de services, l'immigration est une nécessité économique.


Le mélange “heureux” de cultures et de savoir-faire différents ne peut que nous enrichir.


L'immigration au sein de l'Europe n'est pas qu'un problème de fond, mais d'égoïsme et de forme.

- Une première action devrait être de structurer et aider les pays du premier accueil plutôt que de les laisser se saisir totalement seuls du problème. Cette structure doit être composée de ressortissants de chaque pays de l'UE afin d'éviter des « filtrages arrangés ».


- Imposer à chaque pays de l'union européenne d'accueillir et garder sur son sol les migrants provenant des échappatoires de la Méditerranée ou d'ailleurs, au prorata de sa population.


- Imposer un cahier des charges au migrant sur ses devoirs envers le pays d'accueil, rappelant les fondamentaux de nos états démocratiques.


En échange ou "contre partie" un engagement du respect total des devoirs et lois du pays d'accueil, permettant d'obtenir avec une période probatoire, la reconnaissance en temps que citoyen, et créer un statut de citoyen européen.

Accompagner, trouver un logement et un job l'arrivée, créer un smic “local” pour ces migrants adapté au PIB du pays d'accueil et mettre en place un accompagnement à l'instruction civique et à la formation.

Nos campagnes se paupérisent de leurs occupants, laissent vides bien des maisons et écoles. Plus le village se vide plus l'exode interne s'accélère, pour une occupation accrue des métropoles. Un encadrement approprié de ces migrants vers ces communes qui ont tout pour revivre, éviterait la résurgence du communautarisme et de l'esprit ghetto.


Devant le nombre de logements vides même en zone de forte concentration urbaine, mais aussi et surtout face à la désertification des régions, il ne manque pas d’endroits pour accueillir des immigrés.

Depuis près de 20 ans des solutions sont présentées…sans beaucoup d’effet. Une majorité de personnes veulent bien accueillir des étrangers, si ce n’est pas chez eux… Pourtant des exemples où un village s’organise pour accueillir plusieurs familles de migrants amènent à des résultats de terres en friche à nouveau cultivées, où l’école n’a pas fermé et ou tout se passe harmonieusement.

Le constat est qu’au delà de l’accueil il faut organiser une véritable démarche d’intégration de ces populations. Cette démarche doit être européenne.


Les politiques migratoires et les conditions d’accès à un territoire sont de la seule responsabilité des états membres. Et là il y a pléthore de règlements, tous très différents, sans rajouter la complexité accrue du fait du "Brexit".


Beaucoup d’états membres reprochent à certains d’avoir des frontières passoires; il existe une demande au niveau de l’Europe qu’une action pour contrôler plus efficacement les frontières soit engagée. Sans trop de résultat.

L'accord de Dublin doit-être revu afin de sortir de cet imbroglio désastreux d’un point de vue tout simplement humain: "c’est le pays qui accueille en premier un migrant sur son sol (de façon régulière ou pas) qui garde la responsabilité du migrant surtout en ce qui concerne le retour dans le pays d’origine. Par exemple un étranger arrivé en Europe par l’ile de Lampedusa en Italie et arrêté pour situation irrégulière par la police française sera reconduit à la frontière italienne et remis à la police italienne. « A l’Italie de se débrouiller… »

L'Europe a un devoir de communication auprès des citoyens européens, mais aussi des migrants. Nos civilisations sont issues de l'immigration, notre origine est africaine.


Cette action de communication est à mener pour ne pas alimenter la xénophobie et la diabolisation des migrants qui peuvent constituer une force dans la plupart des pays européens à la population vieillissante. N'oublions pas que l’humanité a pu évoluer lorsque l’homme a quitté l’Afrique et a commencé à migrer en se croisant avec d’autres (Néandertaliens en Europe par exemple). N’oublions pas non plus les apports dus au brassage interne mais aussi externe avec notamment l’apport du monde musulman dans les domaines de la connaissance, des mathématiques, de l’astronomie etc...

Il faut que l’Europe rappelle ces fondamentaux qui font que la migration est en fait une richesse et quoiqu’il en soit une constante des civilisations, à traiter avec humanité et solidarité.

L'aspect humain doit être mis en avant. Nos états ne respectent pas l'engagement auquel ils sont tenus. Il manque une législation européenne sur l'immigration. Chaque pays a ses propres règles, et ne les respecte pas toujours.


Les termes de migrant et d'immigré ne sont pas suffisamment clarifiés par les gouvernements, sans doute pour des raisons populistes.

Si certains pays du Nord sont réfractaires à ces idées, peut-être convient il de s’affranchir du vote trop courant dans l’Union Européenne, à l’unanimité des états, pour passer à un vote à la majorité qualifiée comme dans le domaine législatif. Ceci sera probablement suggéré dans d’autres commissions sur la citoyenneté européenne en particulier. (« Dans l'Union européenne, la majorité qualifiée est définie comme 55 % des suffrages des membres du Conseil de l'Union européenne représentant au moins 15 États et au moins 65 % de la population de l'Union européenne »).

Favoriser l’insertion par le travail en évitant les regroupements en ghettos et en prenant chacun sa part dans ce processus sans laisser l’Italie, l'Espagne ou la Grèce seuls devant les problèmes devenant vite ingérables.

Sans la volonté de mise en place d’une politique migratoire commune et unique en Europe, qui s’imposera à tous les Etats membres, rien n’évoluera. Imaginer une solidarité entre les Etats est aujourd'hui illusoire. On a pu le voir sur l’accueil des réfugiés syriens fuyant la guerre. Seuls 7 états ont accepté d’en recevoir….dont la France mais pour un petit nombre.


Alors, mettons ce qui nous rassemble en actions, et incitons nos élus à promouvoir une harmonisation humaine par ces quelques réflexions et propositions, car qui mieux que ces déracinés, peut apporter par la richesse de leurs cœurs, ces mélodies qui feront danser et ré-enchanter notre Europe.

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