La politique migratoire de l’Europe : un défi humaniste et humanitaire

RL Thélème - Or... de Paris


Nous avons choisi ce thème de travail, la politique migratoire en Europe, en mettant plus particulièrement l’accent sur l'accueil des immigrés, réfugiés dans la sphère de l’Union européenne. Ce thème implique naturellement de réfléchir aux questions d'immigration sous tous leurs aspects : réalité chiffrée du phénomène migratoire, politique migratoire en Europe, solidarité entre les pays, comment accueillir dignement mais aussi comment raccompagner dignement, comment gérer le phénomène en coordination avec les pays d'origine…

Voyons tout d’abord quelques chiffres concernant la population européenne, pour les mettre en parallèle avec les chiffres de l’immigration, afin de prendre la mesure du phénomène.

- En 2019 : l’UE comptait 446,8 millions d’habitants.

• Dont 20,9 millions citoyens de pays hors UE (4,7 % de la population totale de l’UE) ;

• Dont 34,2 millions de personnes nées hors de l’UE (7,7% de la population totale de l’UE).


Le solde migratoire en 2018 s’élève à : 3,94 millions d'arrivants et 2,61 millions de partants.


En ce qui concerne la France, des chiffres plus récents :

- 2020 : 6,8 millions immigrés

• Dont 2,5 millions de nationalité française

• Dont 5 millions étrangers

- Solde migratoire : +164 000 en 2006 ; + 180 000 en 2017

Le constat de la politique d’accueil des immigrés dans l’UE est qu’il existe un écart important entre les règles européennes et la façon dont elles sont appliquées, entre les discours officiels et la réalité de la situation. L'ensemble revêt un caractère assez cynique. D’où cette nécessité de se concentrer sur les moyens de l’accueil afin de répondre à notre souci humaniste et aussi à des considérations tout simplement d’ordre humanitaire.

C’est pourquoi nous souhaitons dans ce projet lister des mesures concrètes, par étapes, dans le but d’améliorer l’accueil des immigrés/réfugiés.

« Alors que le processus de réforme de la politique d’asile commune est au point mort, la Commission a proposé en septembre 2020 un nouveau Pacte sur le migration et l’asile en Europe qui détaille des procédures plus rapides dans tout le système d’asile et de migration ainsi que de nouvelles options pour que les États membres expriment leur solidarité. Le nouveau pacte révise le règlement de Dublin, qui détermine quel pays est responsable pour gérer chaque demande d’asile ». Source

I-Arrivée/Refoulement sur le sol européen :

1-Priorité n°1 : prendre en compte les impératifs d'hygiène et de dignité : soins médicaux immédiats, douche, produits d'hygiène et de pharmacie de première nécessité, vêtements propres et confortables, repas décents; c'est dès le premier accueil qu'il nous faut nous montrer respectueux des engagements humanitaires prétendument défendus par l'Europe et respectueux des besoins fondamentaux des personnes migrantes, indépendamment des suites qui seront données à leurs demandes…

2-Priorité n°2 : proposer des locaux provisoires décents: on pourrait réquisitionner (si ce n’est déjà fait) des casernes désaffectées au lieu des camps, qui s’avèrent, là encore, être dégradants au niveau de la dignité humaine.

Un programme d’accueil, lancé tout d’abord par l’Italie, puis par l’UE, consistait à répartir les immigrés dans les villages et les villes. Ce programme a connu des succès mais aussi des échecs, tant est si bien qu’il a été abandonné. Pourquoi ne pas le redynamiser en travaillant davantage sur les échecs afin de l’améliorer ? Bref, l’accent serait celui d’accueillir et non parquer.

3-Rôle des douanes européennes : poster des douaniers Frontex aux frontières extérieures de l’UE, en un lieu précis ou plusieurs lieux et dans chaque pays européen qui est situé à la frontière de l’UE. Comme l’Amérique du Nord (Canada et Etats-Unis) qui a son service de douanes dès lors qu’on arrive aux frontrières du pays, aussi bien par avion, que par mer ou par terre. Lors de l’arrivée massive des immigrés en 2015, fuyant en grande majorité les guerres en Syrie, en Irak et en Afghanistan, on s’était aperçu qu’on n’avait pas disposé un tel service douanier aux frontières extérieures de l’UE.

4-Distinguer immigration légale et immigration illégale ; quel est le parcours actuel ? Cet aspect est le plus difficile à traiter pour nous, car nous ne disposons pas de tous les éléments.


Toujours est-il que les services administratifs (du moins en France) excellent à décourager tout personne à s’établir avec des délais très longs, des tracasseries administratives sans fin, une complexité bureaucratique illisible et hors de portée d'un migrant.


Mais se pose aussi la question du refoulement, qui ne se passe pas dans des conditions dignes, comme nous avons pu le constater lors des reportages à la frontière entre l’Italie et la France.

I - Comment les raccompagne-t-on ?


Quelle collaboration est-il possible d'établir avec le pays d'origine (sans pour autant se contenter cyniquement de payer un pays tiers en échange d'un parcage des migrants sur son sol, comme c'est par exemple le cas avec la Turquie) ?

5-D’où vient l’argent pour mettre en place une structure d’accueil ? La question bute sur la notion de la souveraineté nationale. À cause de celle-ci, il serait intéressant de réfléchir à une vraie structure d’accueil mixte, c’est-à-dire une structure qui impliquerait à la fois l’État et l’UE, et non pas seulement l’État avec des fonds de l’UE. On pourrait réfléchir à mettre en place une sorte de taxe/TVA européenne qui servirait à proposer une structure d’accueil solide (pour cela, il s’agirait de trouver une formule adéquate...), et forcément répartie entre tous les pays membres.

6-Dans ce but, la création, la mise sur pied d’une Division dédiée à l’immigration au sein de la Commission européenne, avec un Commissaire à sa tête, et dédié à cet enjeu parait nécessaire. La politique migratoire est aussi importante que la politique du marché intérieur de l’UE.

7-Afin de convaincre les pays membres de l’UE à participer à cette politique migratoire, il faudrait alors considérer les modalités du vote. Pour qu’il soit à la majorité qualifiée au même titre que le marché intérieur, et non plus à l’unanimité comme c'est le cas pour la politique extérieure. Cela permettrait de considérer la politique migratoire, et l’accueil, comme une affaire interne de l’UE.

Ou encore pourrait-on faire valoir le principe de subsidiarité sur la politique migratoire ? Cela voudrait dire que l'UE participe derechef à la politique d’accueil dans les pays membres, sans être considérée comme inopportune.

Pour conclure, ne pas perdre de vue que le but final est de trouver un travail, ce qui pose la question de l’insertion.

Sources d’informations pour aller plus loin :


Pour avoir une idée de ce qui a déjà été fait, ce récapitulatif fait par l’association France Terre d’Asile est très bien fait :

https://www.vuesdeurope.eu/quelle-solidarite-au-sein-de-lunion-europeenne-depuis-2015-pour-laccueil-des-demandeurs-dasile/

Voir aussi : https://www.touteleurope.eu/societe/les-migrations-en-europe/

II - Moyens d’action efficace :


Il est évidemment plus facile de rester dans la théorie et de lister ce qu'il faut faire plutôt que de faire réellement les choses. En tant qu'individu, il n'est certes pas possible d'avoir une quelconque influence sur les choix pris au niveau européen. Cependant, en tant que maçon, nous disposons tout de même de moyens réels. Ces moyens sont sans doute modestes, mais cette modestie n'implique pas de ne rien faire.


Nous pourrions donc :

• pousser le GODF à contacter les autres obédiences afin d'agir de conserve sur la question. Il faut absolument nous regrouper pour peser.

• solliciter tous les relais dont nous disposons au niveau social et politique, quelque soit l'échelon : municipal, régional, national. Il y a dans nos rangs des maires, des députés, des conseillers régionaux, des syndicalistes, des chefs d'entreprise etc. Il nous faut les mobiliser, les associer à notre démarche

• À terme, le but est de mettre en place un lobbying réel à la Commission européenne, au Conseil européen. La période est favorable : la présidence française débute en janvier 2022, pour 6 mois !

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